8 mars 2010

La Patagonie: les photos






Les photos de la Carretera Austral






Les photos du parc des Glaciers
et d'une chute de glace du Perito Moreno



Les photos d'Ushuaia




Les photos de Torres del Paine




Les photos de Puerto Varas









Petit rappel: les posts sont décalés d'environ 2 mois. Nous étions au sud de l'Argentine et du Chili en février-mars; nous sommes actuellement au lac Titicaca...

Voir la carte de notre parcours

4 mars 2010

La patagonie, le sud du sud.

Retour en Argentine, pour rejoindre El Chalten par la Ruta 40 en traversant la fameuse pampa aride et monotone. Le changement de paysage avec la Carretera Austral, verte et vallonnée, est frappant. Seul points communs: un vent violent et une piste interminable non goudronnée.
El Chalten a été récemment construite à l'entrée de la partie nord du parc de los Glaciares au pied du célèbre Fitz Roy.
Les premiers jours, on n'aperçoit pas l'ombre d'une montagne et ce n'est pas faute d'avoir essayé! Mais un vent glacial, du brouillard, une pluie horizontale, parfois même de la grêle ou de la neige nous accompagnent joyeusement à chaque rando. Même une longue journée de marche sur le glacier Grande ne nous permettra pas d'apercevoir le Cerro Torre juste au dessus...
Heureusement le dernier jour, un soleil resplendissant illumine un ciel presque sans nuage: le Fitz Roy et le Cerro Torre s'offrent enfin a nous. Le spectacle est d'autant plus délicieux qu'il s'est fait désirer, et on savoure notre chance.

Après le nord, petite escale à El Calafate au sud du parc de los Glaciares qui abrite le non moins fameux Perito Moreno, roi des glaciers, connu pour ces chutes de glace (image que les écolos utilisent à tort pour alerter sur le réchauffement climatique).
Certains prétendent qu'il s'agit de l'unique glacier en équilibre; d'autres qu'il recule comme tous les autres glaciers... En équilibre ou pas, il est en tout cas imprévisible! Après avoir vu un énorme iceberg s'en détacher juste devant nos yeux, on n'a pratiquement rien vu tomber du reste de l'après-midi.
Heureusement la chute des glaces n'est pas l'unique attraction, sa taille imposante, les craquements qui sortent de ses entrailles, ses reflets bleutées, sa froideur inhumaine envoutent tout autant.
C'est reparti pour un interminable périple en bus afin de rejoindre les parents de Christel à Ushuaia. Pour y accéder, on doit traverser le Chili (car la Terre de Feu argentine est enclavée au milieu de terres chiliennes), et notamment le mythique Détroit de Magellan dans un bac secoué par des vagues et un vent à décorner les bœufs.

Bien qu'Ushuaia ait un statut de bout du monde, elle n'est pas si au sud que ca: sa latitude correspondrait en Europe environ a celle de Newcastle. Elle n'en reste pas moins la ville la plus australe (sans compter le petit port chilien, Puerto Williams, de l'autre cote du canal de Beagle).
La ville présente peu d'intérêt en soi, mais les alentours sont superbes au soleil: canaux, îles abritant des cormorans et lions de mer, forets et montagnes enneigées. Des quantité d'arbres morts jonchent le sol à cause des castors et du froid qui ralenti la décomposition. Avec ce froid, il est d'ailleurs difficile d'imaginer que les indigènes Yaghans y vivaient nus!

Le long de la route pour Punta Arenas, au Chili, des troupeaux de guanacos et de ruminants éparpillés sur des pampas a perte de vue viennent perturber la monotonie du voyage.
Passage obligé: une petite excursion sur l'ile Magdalena nous permet de découvrir une colonie de charmants pingouins qui observent le troupeau de touristes quotidien les photographier. Il faut quand même endurer 4 heures de ferry sur le détroit de Magellan souvent déchainé.
 
Fitz Roy, Perito Moreno, Ushuaia, Magellan, Beagle, de tous ces lieux mythiques du grand sud qui font rêver bien des voyageurs, il n'en manque plus qu'un: Torres del Paine.
Et ça se mérite ! D'abord en casquant pour l'entrée du parc et les campings, puis en en bavant pendant 5 jours pour parcourir le fameux trek du "W". Mais quelle récompense lorsqu'on admire le lever de soleil sur les Torres ou les avalanches sur le glacier Frances :)
Notre découverte du Chili est malheureusement écourté par le terrible séisme. Bien trop au sud pour ressentir les secousses, Punta Arenas a été épargné et on mettra un certain temps a réaliser l'ampleur du désastre. Le pays est sans dessus dessous, et c'est avec seulement un jour de retard qu'on prend notre vol de Punta Arenas à Puerto Montt. Un ciel complètement dégagé nous permet de contempler une dernière fois les imposants lacs, étendus de glaces et massifs montagneux du parc des Glaciers et du Campo de Hielo.

Dernière escale chilienne: Puerto Varas, ambiance hippie décontractée et paysage de lacs et de volcans. 
Le traumatisme du séisme est bien palpable. Les rayons de magasins se vident par manque de ravitaillement. L'épicentre étant a Concepcion, entre Puerto Montt et Santiago, une grosse partie des routes sont détruites et il n'est plus possible de traverser la région en bus. On écoute les premiers témoignages de personnes qui ont vécu le séisme ou attendent avec angoisse des nouvelles de proches.

3 févr. 2010

2 févr. 2010

Tiradura de casa en Quemchi

Une tiradura de casa est un déménagement d'une maison à l'ancienne, à la force des boeufs et de l'océan. Celle-ci est organisée en l'honneur d'un des plus célèbres chilotes, l'écrivain Francisco Coloane. Vanessa nous propose de nous y emmener et, argument choc, une équipe de journalistes français vient spécialement couvrir l'évènement (Ne nous ratez pas dans le prochain "Faut pas rêver" sur le Chili :)

La maison est une vieille baraque en bois sans fondation. La structure a été préalablement renforcée et des flotteurs ont été attaché à l'intérieur.
Le principe est d'introduire des troncs sous la maison qui serviront à la faire glisser jusqu'à la berge à marée basse. C'est une tache longue et pénible et les ouvriers se ressourcent régulièrement à l'aide de leur potion magique, la chicha, un genre de cidre artisanal..

La maison va être trainée à la force des boeufs. Il y en a 12 au total, attachés deux par deux.

Les masses de muscle se reposent à l'ombre des arbres avant le terrible effort.

Bon, il y a aussi une pelleteuse qui a indiscrètement aplani le terrain afin de faciliter la tâche des boeufs. Ça permet d'accélérer le processus qui prendra tout de même 2 jours.

Ça y est, après une journée de préparation, le grand moment est arrivé. Chacun est à son poste, les boeufs grattent le sol.

Au soir du premier jour, grâce aux efforts répétés des boeufs, la maison a été déplacée d'une centaine de mètres. Il n'y a plus qu'à attendre que la marée monte et espérer que la maison flotte...

Le lendemain, la marée est haute, la maison, au 2/3 émergé n'a pas coulé, les bateaux peuvent prendre le relais des boeufs.

On a réussi à s'incruster sur le remorqueur. L'équipe de "Faut pas rêver", Morad et Charlotte, est également à bord pour quelques plans avant de remonter sur leur propre embarcation.

Les moteurs vrombissent, la corde se tend, et tout l'édifice entame sa lente traversée jusqu'au centre du village de Quemchi, où la maison deviendra un musée dédié à l'écrivain Francisco Coloane.
Les reporters, à gauche, et la gendarmerie maritime, à droite, suivent de près l'évènement.

La tiradura de casa est une occasion pour faire la fête: chanteurs populaires, asado de cordero et surtout le fameux curanto al hoyo, plat de fruits de mer préparé à la mode traditionnelle.


Le curanto se prépare à l'étouffé sur des pierres chauffées dans un trou. Il ne reste presque plus rien a manger, les chanteurs et danseurs sont partis assister à la tiradura. le calme revient peu à peu.

29 janv. 2010

L´île de Chiloé et la patagonie Chilienne

Prochaine destination: l'île de Chiloe au Chili.
Le trajet sur la carte parait simple: traverser la frontière chilienne a Futaleufu jusqu'au port de Chaiten d'où part un ferry pour le sud de Chiloe.
Mais la tragique éruption du volcan Chaiten a dévasté la région en 2008 et même à Futaleufu, où nombre d'habitants de la ville de Chaiten se sont réfugiés, on ne récolte que des infos contradictoires: Peut-on accéder à Chaiten? Quel jour part le ferry ? Part-il toujours de Chaiten?
Le volcan est toujours actif et le vendeur d'empanadas se plaint que de la cendre arrive encore jusqu'à Futaleufu et même Esquel, et se dépose sans répit sur les vitres des voitures et dans les poumons des habitants.
 On finit par trouver un bureau de Naviera, l'agence de ferry, qui nous confirme que les bateaux partent toujours de Chaiten et nous indique le bus pour nous y rendre. On ne fera que traverser Chaiten, mais le spectacle désolant de ses rues désertes et grises de cendre en contraste avec Futaleufu si vert et vivant nous donne une idée de la puissance de l'éruption.
Son statut d'île confère à Chiloe un caractère un peu à part: tournée vers un océan pas si pacifique, débordante d'une nature verdoyante arrosée presque constamment de pluie, fière de ses traditions et de sa beauté, terre la plus à l'ouest du pays, elle a décidément comme un air de Bretagne !
On s'installe au coeur de l'île, à Castro la mignonne, avec ses pécheurs et ses baraques multicolores sur pilotis. Malgré tout ce qu'on peut dire sur le climat chilote, le soleil ne nous fera pas défaut.

Notre route croise celle de Jesus, un mexicain ayant étudié à Rennes, ainsi que Vanessa et ses collègues reporter, des chilotes pures souches qui vont nous initier à la vie nocturne locale et sa boisson phare: le délicieux pisco sour.
De fil en aiguille, le sujet dérive sur un évènement unique, exceptionnel, immanquable: une tiradura de casa (voir prochain post)


C'est avec regret que nous quittons Chiloé et reprenons notre route vers le sud en ferry jusqu'à Puerto Chacabuco, ou nous arriverons avec 24h de retard pour cause de mauvais temps.

La fameuse Carretera Austral est une route non goudronnée qui s'enfonce dans les fjords chiliens et qu'empruntent de trop rares bus reliant quelques villages perdus aux noms parfois évocateurs comme Puerto Rio Tranquilo ou Puerto Bertrand. Cette unique et récente route taillée dans la montagne est le seul lien terrestre avec le nord du pays. Elle traverse un relief accidenté et une nature compliqué, similaire à celle de la Norvège. A la différence près que les chiliens ne sont pas assis sur l'énorme gisement de pétrole qui a permis à la Norvège de s'offrir une infrastructure très développée.

Un climat particulièrement venté, humide et glacial (même en été) englue de boue les vitres, mais quand le soleil sort et dévoile ces paysages sauvages et grandioses: fjords escarpés, lacs turquoises, forêts verdoyantes, glaciers et sommets enneigés, c'est tout simplement magique !
Dans les villages, les rues sont vides et une odeur persistante de feu de bois nous poursuit - on met un certain temps à comprendre que ca vient des poêles à bois. Les chambres par contre ne sont jamais chauffées et on dort avec un bonnet. Les locaux nous paraissent à première vue à l'image de leur climat: rude et pas très chaleureux.... mais ils poussent au respect à vivre dans des contrés si reculés.