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5 avr. 2010
Road, wine and sun trip in ze wild west argentin, la suite
Nous nous enfonçons, de pueblito en pueblito, vers l'extrême-nord argentin. Plus on s'approche de la frontière bolivienne, plus on plonge dans la culture andine. Tout comme le climat et les paysages, les visages commencent à changer: nous croisons des regards en amande, des pommettes saillantes brûlées de soleil, de longues tresses ébène, des vieux à peau d'éléphant, des tissus colorés.
L'ambiance andine se ressent dès le village de Purmamarca, avec son mercado de vendeurs de ponchos en laine de lama, ses cactus, et surtout sa montagne aux strates géologiques multicolores, intitulée Cerro de Siete Colores (pourquoi celle ci a-t-elle héritée de ce nom, alors qu'il y en a tant d'autres dans la région?)
Le village d'Humahuaca, qui s'efforce de promouvoir sa montagne aux 11 couleurs, est plus connu pour la Quebrada de Humahuaca, gorge aux roches colorées d'une multitude de nuance ocrées, et Ricardo Vilca, star argentine du charango.
Le village d'Humahuaca, qui s'efforce de promouvoir sa montagne aux 11 couleurs, est plus connu pour la Quebrada de Humahuaca, gorge aux roches colorées d'une multitude de nuance ocrées, et Ricardo Vilca, star argentine du charango.
Afin d'atteindre Iruya, le bus emprunte un chemin de terre qui monte à plus de 4000m d'altitude (une grande 1ère pour nous!), redescend abruptement en zigzaguant dans des canyons et fini en serpentant dans le lit d’une rivière.
Le village est devenu une célébrité nationale à la sortie du film-documentaire "Rio Arriba" sur l'acculturation des communautés locales, et subit depuis un boom touristique et économique. L'authenticité et l'immersion hors sentiers touristiques qu'on nous avait décrit ne sont malheureusement pas au rendez-vous.
Déception vite rattrapée par notre dernière escale argentine: Yavi, village hyper tranquille, à 3500m d'altitude près de la frontière bolivienne. Les maisons d'adobe paraissent sortir de terre et donnent un petit air de bout du monde. On se sent bien loin de Buenos Aires.
C'est la Semana Santa, et le village se remplit de quelques touristes argentins venus voir les processions et de boliviens des villages voisins venus vendre ou troquer leurs produits à la Feria de Pascua. Ce marché coloré, odorant, bruyant et poussiéreux vaut à lui seul le détour: des amoncellements de fruits et légumes, de peaux de moutons, de cadavres de lamas, à même le sol, des gamins aux joues brûlées, des adultes aux joues déformées à force de mâchouiller des feuilles de coca. Les locaux se succèdent sur scène pour chanter du folklore dans des baffles grésillantes; le plus mémorable étant les vieilles psalmodiant des coplas en s'accompagnant d'une petite percussion. La bière et la chicha coulent à flots et font des ravages à cette altitude...

22 mars 2010
Road, wine and sun trip in ze wild west argentin
L'Argentine est un pays-continent riche en couleurs et dépaysements. Il y a quelques jours nous grelottions de froid baignés dans les teintes vertes et blanches du grand sud et maintenant nous suffoquons de chaleur dans le désert minéral couleur rouille du nord-ouest. L'ami Carlito, tout juste débarqué de l'hiver parisien, nous y rejoint avec l'alléchant projet d'écumer les caves bien fraîches des bodegas de Mendoza et San Juan. 
Devant nous, ce sont des kilomètres de lignes droites reliant quelques pueblitos isolés par des étendus de pampa craquelée de sècheresse et battue par les vents. Le ciel, d'un bleu limpide n'offrant pas l'ombre d'un nuage, est souligné par un paysage fascinant de roches ocrées et rougeoyantes à perte de vue. Qui a eut l'idée d'y planter des vignes?! Peu importe! Le résultat est à la hauteur de nos papilles et arrose généreusement les asados de boeufs si tendres.
Cette nature inerte atteint son comble au parc Ischigualasto, surnommé Valle de la Luna, célèbre pour ses spectaculaires paysages lunaires de rocs sculptés par le temps et les intempéries dans des figures étonnantes défiant l’équilibre. Certaines sont incrustées de fossiles datant de quelques dizaines de millions d'années. Et le tout est encadré par un massif dont les tons rouges varient au gré du soleil couchant. Un coin de paradis pour paléontologues et photographes.
Petite pause mystique, sous un soleil assassin, au bizarroïde sanctuaire de la Difunta Correa, patronne des routiers: un incroyable bric à brac de plaques d'immatriculation, de volants, de photos de famille posant avec leur véhicule... toutes sortes d'offrandes en échange de protection et prospérité. La légende raconte que madame Correa, qui s'était mis en tête de suivre son mari à pied dans le désert pendant la guerre civile de 1840, en est morte de soif, mais que son bébé survécu par miracle en continuant à téter... D'innombrables petits autels lui sont dédiée au bord des routes, encombrés d'incomparables amas de bouteilles en plastiques, destinées à étancher la soif de la Difunta.
Carlito retourne vers Paname, pendant que nous nous dirigeons vers la région de Cafayate, qui est connue pour ses paysages digne du far-west étatsunien, mais aussi pour ses vins, notamment le Torrontes, un blanc fruité adoucissant considérablement notre acclimatation au cagnard ambiant. Les vignes poussent à 1700m d’altitude et sont arrosées au goutte à goutte. Contrairement aux Malbecs de Mendoza, ici, les rouges n'ont pas ce fort goût boisé uniforme dû à l'abus de copeaux de chêne.
Au pittoresque village de Cachi, nous sympathisons avec Quitu, un chanteur de peña, qui nous donne notre premier cours de charango.
La route de Salta traverse d'abord le parque de Los Cardones, parsemé de cactus géants avant de grimper en lacets à plus de 3000m pour rejoindre la Cuesta del Obispo, dans un changement de décor brutal: forêt exubérante noyée dans une brume humide.
Tout en gardant la même structure lassante héritée de l'époque
coloniale, de rues perpendiculaires organisées autour d'une place
centrale abritant la cathédrale, il émane de la ville de Salta une
atmosphère particulière chargée d'histoire et inondée de soleil.
Une des curiosités de Salta est son musée archéologique de haute montagne ou sont exposées des momies incas. Il s'agit d'enfants offerts en offrande au sommet du volcan Llullaillaco il y a 500 ans et retrouvés congelés dans un état de conservation exceptionnelle. A tel point qu'on a presque l'impression d'enfants endormis: spectacle assez dérangeant !
8 mars 2010
La Patagonie: les photos
Les photos de la Carretera Austral
Les photos du parc des Glaciers
et d'une chute de glace du Perito Moreno
Les photos d'Ushuaia
Les photos de Torres del Paine
Les photos de Puerto Varas
Petit rappel: les posts sont décalés d'environ 2 mois. Nous étions au sud de l'Argentine et du Chili en février-mars; nous sommes actuellement au lac Titicaca...
Voir la carte de notre parcours
4 mars 2010
La patagonie, le sud du sud.
El Chalten a été récemment construite à l'entrée de la partie nord du parc de los Glaciares au pied du célèbre Fitz Roy.
Les premiers jours, on n'aperçoit pas l'ombre d'une montagne et ce n'est pas faute d'avoir essayé! Mais un vent glacial, du brouillard, une pluie horizontale, parfois même de la grêle ou de la neige nous accompagnent joyeusement à chaque rando. Même une longue journée de marche sur le glacier Grande ne nous permettra pas d'apercevoir le Cerro Torre juste au dessus...
Heureusement le dernier jour, un soleil resplendissant illumine un ciel presque sans nuage: le Fitz Roy et le Cerro Torre s'offrent enfin a nous. Le spectacle est d'autant plus délicieux qu'il s'est fait désirer, et on savoure notre chance.
Après le nord, petite escale à El Calafate au sud du parc de los Glaciares qui abrite le non moins fameux Perito Moreno, roi des glaciers, connu pour ces chutes de glace (image que les écolos utilisent à tort pour alerter sur le réchauffement climatique).
Certains prétendent qu'il s'agit de l'unique glacier en équilibre; d'autres qu'il recule comme tous les autres glaciers... En équilibre ou pas, il est en tout cas imprévisible! Après avoir vu un énorme iceberg s'en détacher juste devant nos yeux, on n'a pratiquement rien vu tomber du reste de l'après-midi.
Heureusement la chute des glaces n'est pas l'unique attraction, sa taille imposante, les craquements qui sortent de ses entrailles, ses reflets bleutées, sa froideur inhumaine envoutent tout autant.
C'est reparti pour un interminable périple en bus afin de rejoindre les parents de Christel à Ushuaia. Pour y accéder, on doit traverser le Chili (car la Terre de Feu argentine est enclavée au milieu de terres chiliennes), et notamment le mythique Détroit de Magellan dans un bac secoué par des vagues et un vent à décorner les bœufs.
Bien qu'Ushuaia ait un statut de bout du monde, elle n'est pas si au sud que ca: sa latitude correspondrait en Europe environ a celle de Newcastle. Elle n'en reste pas moins la ville la plus australe (sans compter le petit port chilien, Puerto Williams, de l'autre cote du canal de Beagle).
La ville présente peu d'intérêt en soi, mais les alentours sont superbes au soleil: canaux, îles abritant des cormorans et lions de mer, forets et montagnes enneigées. Des quantité d'arbres morts jonchent le sol à cause des castors et du froid qui ralenti la décomposition. Avec ce froid, il est d'ailleurs difficile d'imaginer que les indigènes Yaghans y vivaient nus!
Le long de la route pour Punta Arenas, au Chili, des troupeaux de guanacos et de ruminants éparpillés sur des pampas a perte de vue viennent perturber la monotonie du voyage.
Passage obligé: une petite excursion sur l'ile Magdalena nous permet de découvrir une colonie de charmants pingouins qui observent le troupeau de touristes quotidien les photographier. Il faut quand même endurer 4 heures de ferry sur le détroit de Magellan souvent déchainé.
Fitz Roy, Perito Moreno, Ushuaia, Magellan, Beagle, de tous ces lieux mythiques du grand sud qui font rêver bien des voyageurs, il n'en manque plus qu'un: Torres del Paine.
Et ça se mérite ! D'abord en casquant pour l'entrée du parc et les campings, puis en en bavant pendant 5 jours pour parcourir le fameux trek du "W". Mais quelle récompense lorsqu'on admire le lever de soleil sur les Torres ou les avalanches sur le glacier Frances :)
Notre découverte du Chili est malheureusement écourté par le terrible séisme. Bien trop au sud pour ressentir les secousses, Punta Arenas a été épargné et on mettra un certain temps a réaliser l'ampleur du désastre. Le pays est sans dessus dessous, et c'est avec seulement un jour de retard qu'on prend notre vol de Punta Arenas à Puerto Montt. Un ciel complètement dégagé nous permet de contempler une dernière fois les imposants lacs, étendus de glaces et massifs montagneux du parc des Glaciers et du Campo de Hielo.
Dernière escale chilienne: Puerto Varas, ambiance hippie décontractée et paysage de lacs et de volcans.
Le traumatisme du séisme est bien palpable. Les rayons de magasins se vident par manque de ravitaillement. L'épicentre étant a Concepcion, entre Puerto Montt et Santiago, une grosse partie des routes sont détruites et il n'est plus possible de traverser la région en bus. On écoute les premiers témoignages de personnes qui ont vécu le séisme ou attendent avec angoisse des nouvelles de proches.
25 janv. 2010
Des lacs, en veux tu en voilà!
C'est à vélo qu'on décide de visiter la région des lacs côté argentin en suivant la fameuse ruta de los siete lagos de San Martin de los Andes à Villa la Angostura. Une piste un peu trop poussiéreuse à notre goût relie des lacs plus cristallins les uns que les autres. Changement radical dès notre arrivée: il fait frais et ca fait du bien ! Le vélo et la tente nous offrent une grande autonomie et une sensation encore plus forte de liberté.
Presque tous les vacanciers que l'on croise pendant ces quelques jours sont des étudiants de Buenos Aires. Étudiant ou pas, les argentins sont manifestement des pros du camping et du barbecue, et ont le contact facile. Grâce à leur conseils avisés, notre premier asado est une réussite :)
Prochaine escale: le parque de los Alerces. On savoure le confort relatif du bus en dépassant les cyclistes dans un nuage de poussière. Chacun son tour! La saison touristique bat son plein et les campings du parc sont complets. On négocie ferme pour pouvoir planter notre tente.
Le paysage? Des lacs limpides, entourés de forêts verdoyantes et de glaciers étincelants, ainsi que quelques arbres millénaires rescapés. Ces alerces sur-protégés, après avoir été exploités jusqu'à presque disparition, donnent lieu à un juteux business touristique. Il n'empêche que le parc est magnifique et les discussions autour d'un asado le soir avec Nicolas et Emiliano, nos voisins de tente, ponctuent joyeusement chaque journée de rando.
Comme la plupart des argentins que l'on a rencontré, leur connaissance poussée de l'économie, la politique et l'histoire de leur pays est assez surprenante. L'instabilité de ces dernières décennies en est probablement une des raisons: la sanglante dictature des années 70-80 et la guerre des Malouines, l'hyper-inflation de la fin des années 80, la parité et l'ultra-libéralisme des années 90 et finalement la dévaluation de 2001. Pour finir sur une note positive, la situation a quand même l'air de s'améliorer et le pays semble avoir retrouvé une certaine stabilité.
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